mercredi 28 octobre 2015

Mains de gloire et cheminées : du baroque flamand à Harry Potter

J'ai mis en ligne hier une seconde vidéo sur ma chaîne YouTube. Intitulée « Mains de gloire et cheminées : du baroque flamand à Harry Potter », elle est dérivée d'un article que j'ai écrit pour le webzine Faunerie.


Il y a encore beaucoup de choses à améliorer : le rythme, la diction, la qualité du son et de la vidéo... Je tâcherai de régler tout ça petit à petit, dans les suivantes.

lundi 19 octobre 2015

Critiques sur La Danse de saint Guy

C'était prévisible : mon texte La Danse de saint Guy n'a pas fait le poids à la sixième édition du Tournoi des Nouvellistes, dont il s'est fait éjecter il y a une dizaine de jours. Je n'en conçois guère de regret, étant bien conscient dès son envoi à l'organisateur que cette nouvelle ne constituait nullement un ticket gagnant. Je suis donc simplement heureux qu'elle ait été enfin lue et, le Tournoi gagnant petit à petit en notoriété, plusieurs fois commentée.

Elle l'a d'abord été par le jury du concours, qui est composé d'Adeline Neetesonne, Doris Facciolo, Mémoire DuTemps, Jean-Paul Robert, Renaud Bernard, Benoit Camus et Anthony Boulanger. Voici l'échantillon de leur analyse qui a été publié.

Trop de « cela ». Léger problème de ponctuation. Écriture et histoire lourdes. [...] Un récit qui s'apparente à l'évocation d'une vision, d'une scène, symbole de résistance. Le texte peine à susciter l'intérêt du lecteur et encore plus à le maintenir. Quelques fautes et maladresses, ici et là. [...] Belle mise en scène. Cela en devient presque poétique. [...] Concis, imaginatif, mystérieux. Le début gagnerait à être un peu plus dynamique peut-être ou alors un peu plus court, mais c'est un détail car la rédaction est quasi sans reproche : fluide et dépourvue de lourdeur, tout est dit, bien dit avec quelques jolies tournures de phrases. [...] Un texte étrange, dans lequel le lecteur se sent extérieur. Le contexte et le thème sont attirants et le développement laisse de nombreuses zones d'ombre, sans pour autant altérer le plaisir de lire. Quelques coquilles ici et là.

Deux blogueurs ont de surcroît publié leurs impressions de lecture. Il s'agit d'Éloïse de Valsombre, qui écrit pour le site Mise en tropisme, et de Gregory R. Waeytens. Voici leurs critiques respectives, qui mettent bien le doigt sur de vieux défauts de mon style, que j'ai moi-même déjà souvent relevés.

Jamais deux sans trois, encore du fantastique, c’est la thématique cette semaine. Sans que le sujet soit particulièrement plus grave que pour les deux précédentes, l’ambiance est ici un poil plus sordide. C’est une approche séduisante, mais peut-être un peu trop métaphorique, le tout me semblant un rien «  incorporel ».  Il manque de quoi planter ses dents dans quelque chose qui résiste un peu. Je crois que j’aurais aimé avoir un monstre sous les yeux, mais j’ai plus l’impression que mon imagination s’est juste fait un film avec un jeu d’ombres et de lumière. Je ne sais pas si cela est très clair, mais en tous cas ça m’a laissé un vague sentiment de déception, encore que c’est peut-être moi.
Éloïse de Valsombre


Ce concours a le mérite de permettre à tous les styles et toutes les approches littéraires de s’exprimer. Néanmoins, rarement (pour ne pas dire jamais), je n’ai rencontré de style aussi impersonnel et anonyme. J’ai plus l’impression d’avoir lu la description d’une scène tirée hors de son contexte que d’avoir lu un récit qui racontait quelque chose avec un début, un milieu et une fin. On nous parle d’un conflit qu’il nous est impossible à situer dans le temps et l’espace avec des protagonistes dont on ne sera rien. Au milieu de tout ça une armurerie, des pendus et un géant. L’armurerie et les pendus trouvent leur justification dans le texte, mais le personnage du géant reste une énigme totale. Tout comme la raison de sa danse. L’absence quasi-totale d’action et la narration purement descriptive rend le texte lourd et donne une impression d’exercice scolaire du type « décrivez une scène ». Résultat, j’ai glissé à la surface des mots jusqu’à la fin sans jamais accrocher. Désolé, ce n’est pas pour moi.
Gregory R. Waeytens

jeudi 8 octobre 2015

Sixième Tournoi des Nouvellistes

Encore un billet en retard — décidément ! Depuis samedi dernier et pour deux jours encore, l'un de mes textes est en lice aux éliminatoires du Tournoi des Nouvellistes, organisé par le webzine Nouveau Monde.

Emblème du tournoi.

Ma nouvelle participante s'intitule La Danse de saint Guy. Il s'agit cette fois encore d'un « fond de tiroir » demeuré jusqu'ici inédit. Ce récit a été rédigé — si j'ai bonne mémoire — à l'automne 2012, durant les longs trajets en train que je faisais lorsque je fréquentais l'Université de Liège. Il est à ce stade largement mené par ses adversaires (des textes de Claire Girard, Francis Ash et Annabelle Blangier) dans tous les duels ; reste à savoir dans quelle mesure les votes du jury influenceront le résultat final.

En voilà un court extrait :
C'est à minuit, heure du passage vers un nouveau jour, que le changement s'opéra. S'était avancé sur ce qu'on appelait désormais la Route des pendus un homme étrange et gigantesque. Étrange d'une part parce que, malgré sa taille peu commune, il flottait dans des vêtements trop amples et sans forme. Mais également de par quelque chose dans sa démarche ; un vague air désarticulé, pas boiteux mais à côté du temps, frénétiquement maladroit. Il avait des traits tels qu'on en attendrait d'un géant : puissants mais n'ayant pas l'air complètement achevés. C'étaient un crâne pointu, chauve ou rasé, une mâchoire carrée sans être agressive, des pommettes hautes et robustes sans vraiment saillir. Sans doute pouvait-il être considéré comme beau mais l'impression première qui s'imposait à l'esprit était qu'il appartenait à une humanité partielle ou déguisée. Car s'il avait des traits d'homme, il marchait la tête droite comme un automate et avec une fureur de démon dans les jambes. On aurait cru voir en lui ce golem de la mythologie juive, né pour servir et consacré à cette tâche unique, machine complexe dissimulée sous des traits grossiers mais opérant néanmoins selon sa propre initiative.

Ainsi que je l'ai expliqué dans un précédent billet, posté à l'occasion du second prix remporté par cette nouvelle au concours du cercle de poésie « Aux quatre points cardinaux », son protagoniste est inspiré par Peter Garrett, l'ex-chanteur de Midnight Oil reconverti en politicien. Voilà donc à quoi sont en fait censés ressembler les mouvements de la « danse » que je décris :

mardi 6 octobre 2015

Du neuf sur l'iconographie sabbatique

Je me suis fait fort discret sur ce blog tout au long du mois de septembre, mais on aurait tort d'en déduire que j'ai été inactif. J'avance progressivement sur plusieurs projets de belle ampleur — dont je vous parlerai en temps voulu — et ai également enregistré quelques progrès dans mes travaux critiques sur l'iconographie sabbatique.

J'ai ainsi publié en début de semaine dernière un cinquième article sur Faunerie. Intitulé En balai, à dos de bouc... à rebours, en tout cas !, il explore la philosophie de l'envers régissant le sabbat des sorcières, au travers de plusieurs sous-thèmes tels que les vols magiques, les danses et le « baiser infâme ». Cette réflexion est l'occasion d'aborder une petite trentaine d'œuvres d'époques variées, de même que quelques sources littéraires (Joris-Karl Huysmans et Baudelaire, notamment).


Otto Goetze, Sorcières chevauchantes, 1924.

Artiste inconnu, « Sorcier chevauchant vers le sabbat », xylogravure, illustration pour Ulrich Molitor, Hexen Meysterey, 1545.

Louis Le Breton, « La Danse du sabbat », gravure par M. Jarrault, illustration pour Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, [1818] 1863.

Artiste inconnu, Osculum Infame, xylogravure, illustration pour Francesco Maria Guazzo, Compendium Maleficarum, 1608.


Deuxièmement, j'ai également lancé hier une chaîne YouTube conçue comme un prolongement de ces articles et destinée à transmettre le même contenu de manière plus attrayante. L'ensemble est encore un peu brouillon et en construction, mais cela avance. Voici la première vidéo mise en ligne, qui reprend globalement l'idée développée dans mon premier article, en la complétant au moyen d'analyses faites dans les troisième et quatrième.


Je suis bien conscient que je ne suis pas un orateur né (ni un monteur, d'ailleurs). Afin de pallier ma tendance à accélérer mon débit de parole par moments et dès lors à manger mes mots, j'ai retranscrit l'intégralité du texte en sous-titres ; activez-les pour plus de confort de visionnage. N'hésitez du reste pas à me faire part de vos commentaires sur cette entreprise ; votre avis m'intéresse d'autant plus qu'il peut m'aider à progresser.