mardi 18 août 2015

Sorcier du Soir #7

J'ai souvent été forcé de l'admettre au cours des derniers mois : à force d'envoyer des textes à droite et à gauche, il m'arrive d'oublier de m'informer de leur devenir. Vous l'aurez compris, ce billet est encore une annonce tardive de publication. Fort tardive même car le webzine dont il est question a paru le 23 août 2014. À cinq jours près, mon retard aurait atteint l'année...

Le numéro est à télécharger au format PDF.

Le texte dont il est question est un poème, inséré dans le septième numéro du Sorcier du Soir, l'un des titres issus de l'univers de Harry Potter et recréés par les passionnés de l'association Obscurus Presse. Il s'agit en fait d'une version remaniée d'une de mes « histoires de sorcellerie » (la vingt-et-unième, initialement intitulée La Correspondance) publiée sous le nouveau titre d'Un amour de moldu. L'univers de J. K. Rowling, que j'ai découvert très jeune et qui m'a longtemps passionné, a joué je pense un rôle important dans le processus créatif à l'origine de cette série poétique ; je suis dès lors très heureux de « boucler la boucle » en lui rendant cet hommage.

Mais la raison pour laquelle je vous recommande vraiment la redécouverte de ce vieux texte est qu'il est accompagné dans ce périodique de trois superbes illustrations signées par Lumosita. Je la remercie chaleureusement de s'être penchée sur mes vers et de leur avoir conféré un si bel écrin. Le webzine dans son ensemble est d'ailleurs graphiquement très réussi et passionnera certainement les fans de Harry Potter parmi vous.

mardi 11 août 2015

Mystère égyptien #5

Ce poème s'inspire d'un passage de Là-bas de Joris-Karl Huysmans (éd. Tresse & Stock, [1891] 1895, chap. XX, p. 397) : « En Égypte, le dieu à tête d’épervier était le dieu qui possédait la science des hiéroglyphes ; autrefois, dans ce pays, les hiérogrammates avalaient le cœur et le sang de cet oiseau, pour se préparer aux rites magiques [...]. »
Je suis assez content du premier paragraphe ; un peu moins de la suite...


V

Dans une volière immense dédiée au dieu Horus, l’enfant a seul le soin d’une nuée d’éperviers. Il a dix ans, son monde est cette cage, sa famille ces volucres ; il les chérit, les nomme « rubis » ou « sucre » et, de sa gorge impubère, imite leur langage. Grâce à eux il oublie les affres du noviciat.

Retentit l’appel impérieux de son maître. Docile, il tend le poing pour que s’y pose un rapace, priant son patron Harpocrate que ce ne soit son favori. Son cœur est lourd mais le prêtre s’impatiente ; ses petons nus battent le sol de marbre ; sur son épaule, la mèche de l’enfance rythme sa marche.

Le hiérogrammate qu’il sert l’attend, pressant, tenant brandie sa lame ivoirée, jadis taillée dans une canine d’hippopotame. Face à lui sont disposés un papyrus vierge, de l’encre et un calame. Trop familier du rituel, le garçon détourne des yeux que l’innocence a dès longtemps quitté.

Le menton rouge du sang de l’oiseau, ayant englouti son palpitant tout chaud, le magicien, d’une voix sourde, gonflée par le sacrifice, invoque un génie massacreur qu’il désire soumettre à son joug. Arrachant son nom au silence, l’aruspice l’inscrira en formule, lui volant ainsi sa liberté.
09.VIII.2015


Dans la même série : I - II - III - IV

samedi 8 août 2015

Le Grimoire du Faune

Chroniqueur depuis plusieurs mois pour Faunerie, le webzine des jeunes Éditions du Faune, et ayant par le passé publié des poèmes sous leur égide, c'est tout naturellement que j'ai participé à leur premier titre : une anthologie au format papier, parue il y a peu et à la suite d'une campagne de financement participatif, sous le titre éloquent de Grimoire du Faune.

L'anthologie est à commander via cette page.

Ainsi que je l'annonçais dans un billet où j'exposais le projet poétique m'occupant actuellement, le texte que j'y publie est en quelque sorte une prémisse de mes « Mystères égyptiens ». Il a été rédigé en novembre dernier, alors que je n'avais pas encore jeté mon dévolu sur le poème en prose. Il s'agit dès lors d'un sonnet d'alexandrins, l'unique que j'ai écrit sur ce thème.

Intitulé La Danseuse égyptienne, il lui revient d'ouvrir l'anthologie car il a été placé immédiatement après l'éditorial. Il s'y trouve en vis-à-vis d'une superbe création graphique de Miyou Charaxe, intitulée La Voyante et qui partage son parti-pris orientaliste.

Le Grimoire est un livre multigenre, porté par des talents divers et graphiquement parfait. Je suis notamment fier d'y côtoyer Éric Lysøe, spécialiste de l'École belge de l'étrange dont j'apprécie grandement les écrits critiques et qui signe dans ces pages un conte un peu écolo intitulé La Migration, fort à propos car inspiré de la mythologie grecque. 

Je ne peux dès lors que vous recommander chaudement cette belle anthologie, et adresse par ailleurs à son éditrice mes sincères vœux de succès pour ses projets futurs.