mercredi 25 mars 2015

Le Sorcier

J'ai achevé hier une nouvelle gravure sur Tetra Pak. Il s'agit une fois encore d'une illustration de poème, qui prend cette fois la forme d'une petite bande dessinée. Le texte illustré, intitulé Le Sorcier, est du poète belge Iwan Gilkin (1858-1924). Il est extrait du recueil La Nuit (1897).


Cliquer pour afficher en grand.

Caricaturer un auteur que j'admire sous les traits de trollfaces n'est sans doute pas une façon idéale de lui rendre hommage (sans même parler de la scène d'onanisme de la troisième case), mais j'ose espérer qu'il ne s'en serait pas offusqué. Après tout, le poème, à lui seul, n'est déjà pas peu provocateur... C'est cet esprit que j'ai voulu mettre en images.

Cette gravure permettra du reste peut-être à une poignée d'entre vous de découvrir ce poète léger et audacieux, qui me paraît aujourd'hui, comme tant et tant d'autres, injustement méconnu.


Iwan Gilkin (1918) - Archives & Musée de la Littérature.

La plaque gravée.

lundi 9 mars 2015

Premier article publié dans Faunerie

J'ai tout dernièrement rejoint l'équipe rédactionnelle du webzine Faunerie, après en avoir été à plusieurs reprises l'invité. Ma première contribution est un article dans lequel je m'essaie à l'histoire de l'art. Plus précisément, j'y parle de l'iconographie sabbatique dans la peinture et la gravure, un thème sur lequel — vous vous en doutez bien — je cogite depuis longtemps déjà (la preuve : mon premier brouillon de ce texte date de septembre 2013).

Bref. L'article qui a paru aujourd'hui — et qui sera le premier d'une série — s'intitule En route pour le sabbat des sorcières (1) : le motif de l'initiation intergénérationnelle au travers de quelques œuvres (cliquez sur le lien pour le lire). J'y propose une étude sommaire d'une petite vingtaine d'œuvres datées du XVIe au XXe siècle et dont les auteurs vont donc de Hans Baldung à Norman Lindsay. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez : votre avis m'intéresse.


Hans Baldung, Trois Sorcières, 1514.

Norman Lindsay, The Little Witch, 1937.

jeudi 5 mars 2015

L'Heure du sabbat

Après avoir tout récemment gravé sur Tetra Pak une illustration du poème Départ pour le sabbat d'Aloysius Bertrand, j'ai eu envie d'en faire autant pour (un extrait de) L'Heure du sabbat, du même, que je considère presque comme une suite du premier. Je ne sais pas si je suis parti pour graver tout le Gaspard de la nuit (je ne pense pas) mais le moins que je puisse dire est que ces textes m'inspirent beaucoup.

Enfin... quand j'écris qu'ils m'inspirent, comprenons-nous : comme toujours, j'ai peu d'idées propres et en vole surtout à gauche et à droite, sous le couvert d'hommages. Pour cette illustration, j'ai emprunté l'arbre au pendu et la sorcière au chaudron de l'avant-plan au formidable Salvator Rosa. Quant au « juif à la main de gloire », plutôt que de représenter son instrument de manière conventionnelle (comme je l'ai déjà fait ici), j'ai choisi de dessiner cette main-flambeau visible dans l'arrière-plan de plusieurs peintures de David Teniers le Jeune. Enfin, histoire de renforcer le parallèle avec son œuvre, j'ai ajouté à la mienne cette ombre étrange entrant dans le cadre, tout droit sortie de son Sorcières se préparant pour le sabbat. Notez encore que je n'ai pas eu le courage de graver le texte à l'envers — ni le sadisme de vous imposer mes pattes de mouches — et que j'ai donc recouru à ma machine à écrire ; le rendu est assez bon, je trouve.


L'ensemble bien sûr — et tout particulièrement les textures : de l'écorce, de la brume, de la fumée — est maladroit, le trait naïf et l'intégration des différents éléments au décor pour le moins bancale, mais la gravure n'est pas pour autant à jeter, je pense. Du moins elle a le mérite de m'avoir détendu ce mercredi après-midi, suite à une demi-semaine de travail stressante. Mon regret principal concerne ces fichus serpents, que j'aurais été mieux inspiré de ne pas ajouter au terme de mon travail (j'hésite d'ailleurs à recouper la plaque pour m'en débarrasser ; voici à quoi elle ressemble actuellement).


Et voici les deux tableaux dont je me suis inspiré.

Salvator Rosa (1615-1673), Sorcières à leurs incantations, vers 1646.

David Teniers le Jeune (1610-1690), Sorcières se préparant pour le sabbat, date inconnue.