samedi 28 février 2015

Retour à la mare

Me consacrant ces derniers temps à la gravure à la pointe sèche, j'ai eu envie de revisiter ce lundi le tout premier sujet que j'avais représenté en linogravure : un crapaud porteur du collier de l'ordre de la Toison d'or. Cette première version ne date que d'un peu plus de deux mois, mais je ne pense pas moins qu'une sacrée évolution est visible !

Il faut cependant noter que la technique utilisée est fort différente. Cette fois, j'ai gravé une feuille de plastique transparent (avec une véritable pointe sèche, et non plus mon aiguille à coudre scotchée sur un crayon), ce qui facilite grandement les choses puisqu'il est dès lors possible de reporter les contours d'une image posée en dessous. Une autre évolution par rapport à mes gravures précédentes concerne le support d'impression : j'ai utilisé pour la première fois du papier japon.

Jugeant le résultat très satisfaisant, j'ai bien l'intention d'utiliser à nouveau cette technique pour de prochaines illustrations...


La plaque gravée, qui s'avère affreusement difficile à photographier.

vendredi 27 février 2015

Départ pour le sabbat

Après mon premier essai encourageant, j'ai entrepris de réaliser une seconde gravure sur Tetra Pak, quelque peu plus ambitieuse. La voici, qui date déjà d'une dizaine de jours. Il s'agit d'une transcription illustrée d'un de mes poèmes préférés : Départ pour le Sabbat d'Aloysius Bertrand, dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog.

L'hommage semblera peut-être gauche — malgré mon application, je crains de demeurer un piètre illustrateur, et un pire typographe ! — mais il n'en est pas moins sincère. D'autre part, et même si j'ai scanné la moins mauvaise des estampes, des bavures sont à déplorer, dues bien sûr en partie à ma maladresse de débutant, mais également à mon manque d'équipement.


Si la référence à Aloysius Bertrand est explicite, cette gravure rend également hommage à un autre artiste qui m'est cher : Pieter Brueghel l'Ancien. L'illustration marginale s'inspire en effet de son œuvre intitulée Divus Jacobus diabolicis praestigiis ante magum sistitur (1565). J'ai en fait observé que cette cheminée a été empruntée par de nombreuses œuvres postérieures (cela doit d'ailleurs bien faire deux ans que je projette de les rassembler dans un article, sans trouver le temps de le faire) ; d'où mon envie de participer à l'expansion de ce corpus. Du reste, il m'a semblé presque naturel d'associer le poète et peintre, leurs univers présentant tant de points communs...

Pieter Brueghel l'Ancien, Divus Jacobus diabolicis praestigiis ante magum sistitur, 1565.

La plaque gravée.

mercredi 18 février 2015

Massacre de cerf

Voici ma dernière linogravure, achevée mardi dernier. L'idée de base était de réaliser une figure à mi-chemin entre le Chasseur de TimeSplitters: Future Perfect et la corneille à trois yeux de Game of Thrones. Ce concept est observable ci-dessous sur une photo du croquis initial.


Cependant, au cours de mon travail, je me suis rendu compte, d'une part, qu'il n'est pas évident d'ajouter un œil à une telle bestiole tout en lui conservant une physionomie harmonieuse et, d'autre part, que l'image ferait davantage sens si je lui mettais à la place un bandeau de condamné à mort. Voilà donc le résultat final.

 
La plaque gravée (10x15 cm).

Dix estampes ont été imprimées, avec un succès variable.

mardi 17 février 2015

Campagne de financement participatif du Grimoire du Faune

Ces dernières années, j'ai vu à plusieurs reprises mes textes publiés par les Éditions du Faune, dans leur webzine Faunerie (voir ici, ici et ). C'est donc tout naturellement que j'ai désiré collaborer à leur nouveau projet. Celui-ci s'intitule le Grimoire du Faune et constitue une première anthologie papier de photos, illustrations, poèmes et nouvelles, dans la veine défendue par le webzine dès ses débuts : celle « du cabinet de curiosités, du vintage, ou encore du contemporain onirique, vouant une adoration au Beau et au Bizarre ».

Ma participation à ce recueil est un sonnet, intitulé La Danseuse égyptienne. Parmi les rares poèmes que j'ai écrits au cours des derniers mois — car mon inspiration se fait malheureusement assez sèche —, il introduit une « matière nouvelle » dans la direction de laquelle mon univers semble désormais se tourner : les civilisations disparues du Moyen-Orient.

C'est donc une nouvelle page pour moi, à marquer d'une pierre blanche. Et je suis très heureux que cette étape puisse, par la sélection de mon poème, se réaliser d'une aussi belle manière. Le Grimoire du Faune promet en effet d'être un très beau livre d'art. C'est pourquoi une campagne de financement participatif a été lancée, de manière à permettre l'impression du premier tirage, que ne peut évidemment pas supporter seule la jeune structure du Faune.

Je vous invite donc à découvrir ce projet à mes yeux très prometteur, de même que les publications de Faunerie, qui dévoilent jour après jour un univers à part et méconnu.

lundi 16 février 2015

Première gravure sur Tetra Pak

Lundi dernier, je me sentais d'humeur à expérimenter quelque chose de nouveau. J'ai donc fait un essai de gravure sur Tetra Pak, une technique pratiquée depuis peu par certains artistes comme une alternative bon marché — et amusante — à la gravure sur cuivre. C'était de plus une bonne occasion pour m'initier à l'impression en taille-douce (la linogravure, que je pratique habituellement, se fait quant à elle en taille d'épargne). Cette estampe-ci est cependant un peu improvisée : je ne disposais en effet ni de pointe sèche (j'ai gravé à l'aiguille), ni de presse (l'impression a été réalisée « à la cuiller »).

La plaque gravée.

Certains d'entre vous reconnaissent peut-être mon sujet : il s'agit de l'avatar gnostique Abraxas, auquel j'ai déjà consacré deux poèmes (Ha brakha dabra et La Consécration). J'ai opté pour sa représentation traditionnelle, très loin de la vision actuellement proposée au cinéma par Lana et Andy Wachowski, dans Jupiter Ascending. Cette figuration en chimère n'exclut cependant pas une approche ludique : j'ai eu l'idée de retourner le bouclier rond — attribut associé à Abraxas sur de très nombreuses amulettes — pour en faire un plateau et de troquer son fouet pour une théière.

L'image obtenue m'évoquant une scène célèbre des Aventures d'Alice au pays des merveilles, j'y ai adjoint une citation du Chapelier (chapitre VII). Cela ne semble en fait pas si absurde, lorsqu'on sait que le nom Abraxas renvoie au nombre 365, et symbolise donc le cycle de l'année. C'est donc peu dire que, le Temps, il le connaît bien !

L'estampe.

mardi 3 février 2015

Triceraboros

Voici ma plus récente linogravure, réalisée mercredi dernier. Il s'agit d'un triceratops-ouroboros ; d'un « triceraboros » donc. J'ai toujours aimé les vieilles représentations d'ouroboros qui prennent plus volontiers la forme d'un dragon que d'un serpent. Les pattes confèrent un aspect moins symbolique et plus « fœtal », je trouve. D'où l'idée d'appliquer ce concept à un dinosaure.

Cette gravure, je la voulais rapide. Elle ne m'a demandé environ qu'une heure. Il s'agit alors de ne pas trop s'arrêter au détail, et de compenser en spontanéité ce qui est perdu en précision. L'exercice est enrichissant, je trouve.

L'estampe.

Je commence à mieux maîtriser l'étape de l'impression,
et donc à produire des estampes davantage uniformes.

La plaque gravée.

lundi 2 février 2015

Triquetra reptilien

Je prends enfin le temps de poster des images d'une gravure réalisée le 24 janvier dernier. Il s'agit d'une sorte de petit entrelac borroméen de trois serpents, conçu comme un en-tête de papier à lettre. Ma première idée était de l'imprimer en rouge ; trouvant que cette encre bavait un peu, j'ai par la suite également réalisé des tirages en noir, sans grande amélioration.

Mon plan de travail, où les différents tirages sont étalés.

Notez que ce motif peut rappeler les armes du seigneur gallois Ednowain ap Bradwen, qui règna sur le comté de Merionethshire au douzième siècle.

Les deux versions de l'estampe.


La plaque gravée.

dimanche 1 février 2015

Corbeau #4

Ma première publication de l'année : hier a paru le quatrième numéro de Corbeau, un webzine du collectif Hénose, dont je suis un habitué. Au sommaire figure l'un de mes poèmes, intitulé Machination. Il s'agit d'une « nouvelle histoire de sorcellerie » (la cent-quarante-septième, pour être exact, rédigée en mai dernier), composée de huit quatrains de décasyllabes. Détail inhabituel : les rimes de ceux-ci sont embrassées. Quant à son sujet, il est un peu plus sombre qu'à l'accoutumée, et ne détonne donc nullement dans ces pages dédiées aux littératures horrifique, policière et urbaine.

Le numéro est disponible aux formats EPUB, Kindle et PDF.