jeudi 18 avril 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 92

En faisant du rangement cette semaine, j'ai retrouvé le premier quatrain de ce poème, griffonné je ne sais plus quand sur une feuille volante. Sans faire ni une ni deux, je lui ai écrit une suite. Cela reste fort modeste, comme histoire, mais j'apprécie néanmoins sa forme très « carrée » : quatre quatrains de tétrasyllabes. De plus, c'est involontaire mais leur disposition forme presque un calligramme...

 
Au krommlec'h

Noire la nuit :
Sans faire un bruit,
Les sorciers vont
Danser en ronds.

Dans la clairière,
Poussent des pierres
Jadis plantées
Sûr par des fées.

En cet endroit,
Pour le sabbat
Se sont rejoints
Tous les païens.

Les monolithes
Témoins du rite,
Sorciers, sorcières
Font leur prière.
15/04/2013


D'autre part, ma nouvelle Miaulements dans la nuit et sa concurrente sont toujours au coude à coude dans le Tournoi des Nouvellistes. Les votes sont acceptés jusqu'à demain minuit ; n'hésitez donc pas à soutenir l'une ou l'autre.

samedi 13 avril 2013

Seconde édition du Tournoi des Nouvellistes

Suite à ma sévère déconfiture face à Kristoff Valla, au premier tour du premier Tournoi des Nouvellistes, je m'étais promis de retenter l'aventure. Lorsqu'un appel à textes a été lancé en vue d'une seconde édition, je me suis donc empressé d'y répondre. Celle-ci a débuté depuis quelques semaines et, depuis aujourd'hui, la nouvelle que j'y ai inscrite est en lice. Elle rencontre un texte intitulé Frère de dragon, de Gaël Fabby (à qui — soyons bon joueur — je souhaite beaucoup de succès dans cette compétition).

Ma nouvelle s'intitule quant à elle
Miaulements dans la nuit. Ce titre semble peut-être familier aux lecteurs les plus fidèles de ce blog. En effet, je l'ai déjà mentionné car c'est avec ce texte que j'avais participé au concours de nouvelles de la bibliothèque « Livre-Choix » de Doische, dont j'ai écrit un compte-rendu. Il date donc déjà d'il y a pratiquement deux ans — et n'est somme toute que la mise par écrit d'une histoire que j'avais imaginée bien plus tôt encore — mais j'en reste fort satisfait (ce qui devient rare, pour les textes de cette période) et ai donc décidé d'enfin le livrer à des lecteurs.
Il faut dire que ces Miaulements dans la nuit ont joué de malchance. Durant tout ce temps, ils sont en effet passés entre les mains de plusieurs jurys de concours sans y rencontrer de succès et avaient finalement été sélectionnés par une revue, qui a malheureusement cessé d'exister avant la parution du numéro où ils devaient figurer (hélas, cela (m')arrive plus souvent qu'on le pense). Bref, voici leur occasion de briller. Et, s'il s'avère que ce texte soit surpassé par son adversaire et échoue lui aussi a passer le premier tour, au moins aura-t-il rencontré son public. Mais je ne désespère pas encore ; après tout, dans le domaine de l'imaginaire, un chat peut très bien terrasser un dragon !

Assez de blabla introductif, place aux textes ! Les deux nouvelles
sont à lire sur le blog du webzine Nouveau Monde (qui organise l'évènement). En bas de la page se trouve un module de vote pour déterminer qui remporte cette manche ; il sera ouvert jusqu'à vendredi prochain, minuit. Je vous invite donc à découvrir les textes et à faire votre choix. Bonne lecture !

vendredi 12 avril 2013

Chrysalide n°2

Aujourd'hui est paru le second numéro du webzine Chrysalide. Je figure à son sommaire, avec un poème issu de ma série des « 100 histoires de sorcellerie ». Il s'agit du trente-et-unième, intitulé La Geste d'un sorcier à gage et écrit dans l'esprit des récits épiques moyenâgeux.



Ce numéro du webzine est téléchargeable gratuitement, en fichier PDF, à cette adresse. Merci au comité éditorial de Chrysalide pour sa confiance.

lundi 8 avril 2013

La Chute des caramels

J'ai récemment été victime du « poisson d'avril » de Danielle Akakpo, qui avait organisé via le forum du Cercle des Maux d'auteurs un faux jeu d'écriture, soi-disant pour occuper le congé du lundi de Pâques. Je n'y ai vu que du feu...

Le thème qui était proposé était « Coup de tonnerre dans le monde de la littérature » ; voici ci-dessous la fiction qu'il m'a inspirée (et qui se base en partie sur une scène que j'ai vécue). Au final, un petit concours opposant les différentes histoires produites en cette occasion a tout de même eu lieu. Mon texte l'ayant remporté, cela rattrape un peu ma déconfiture du précédent.

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Un vieux monsieur avec une barbichette, une grosse dame avec trois mentons et un jeune homme à l'air tourmenté sont dans un ascenseur. L'ascenseur se trouve dans les bureaux d'une maison d'édition parisienne très renommée. Ses trois occupants sont des écrivains.

Ils ont quitté ensemble les bureaux, que chacun avait visités pour une raison différente. Le premier semble joyeux comme le sont souvent les vieux à barbichette, la seconde tire la gueule comme le font toujours les gros dotés d'un peu de lucidité et le troisième n'affiche rien sinon du tourment, car c'est son personnage et qu'il sait trop combien ses ventes en dépendent pour s'en départir ne fut-ce qu'un instant.

L'ascenseur descend très lentement, les bureaux de la maison d'édition très renommée se trouvant tout en haut d'un très haut gratte-ciel. Durant les premiers instants, le vieux sourit, la grosse râle et le jeune se donne un genre. Puis, le vieux monsieur décide de déjà mettre ses gants en prévision du froid qu'il fera dehors, malgré qu'ils soient encore haut dans la tour.

Toc ! Un bruit se fait entendre. Les trois baissent les yeux. Sur le sol de l'ascenseur se trouve un caramel emballé dans un papier noir et doré.

— C'est à moi, dit le vieux. Il a dû tomber alors que je sortais mes gants de mes poches.

Les autres se remettent à tirer la gueule et à se tourmenter, tentant par là d'afficher leur manque total d'intérêt pour cette histoire de caramel. Mais le vieux continue. Visiblement, il n'aime pas le silence. Ou peut-être veut-il simplement communiquer sa bonne humeur...

— C'est un Chokotoff, un caramel belge. J'ai toujours des Chokotoffs en poche. (Il dit cela avec une certaine fierté.)

Devant le silence maussade des deux autres, il ajoute d'un air provocateur :

— D'ailleurs, j'affirme que les poches ne servent à rien sinon à contenir des caramels ! (Pris de gêne, il se corrige précipitamment.) Et aussi des gants, bien sûr. Mais surtout des…

À cet instant précis, le câble de l'ascenseur se rompt. L'habitacle tombe à toute vitesse ; les trois écrivains sont tués. Le lendemain, un grand quotidien titre : « Coup de tonnerre dans le monde de la littérature ». L'un de ces trois-là était un génie. Il est mort. Mais qui était-ce ? Le vieux caramel barbichenu, le jeune caramel mou ou la grosse à qui tout cela donnait faim ? Allez savoir...

samedi 6 avril 2013

La Déclaration

Voici une petite bafouille rédigée pour un jeu d'écriture du forum du Cercle des Maux d'auteurs. Celui-ci ayant été organisé dans le cadre du printemps des poètes, le thème en était « voix » ; d'où ce petit dialogue (théâtral ?) d'anonymes.
Force est néanmoins de constater que mon texte n'a pas vraiment plu aux participants du jeu ; il s'y est en effet classé bon dernier. Cependant, il faut reconnaître que le niveau est élevé...


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ELLE, surprise : Hé ! Mais qu'est-ce que tu fais ?
LUI : Tu as un cil sur la joue...
ELLE, impatiemment : Il est parti ?
LUI : Pas encore, attends... (Silence.) T'ai-je déjà dit que tu as des yeux magnifiques ?
ELLE, brusquement : Bon, tu le retires, ce cil ?
LUI, l'ignorant : ... des yeux d'un bleu si beau qu'on pourrait l'encadrer, l'appeler « Bleu sur bleu » et que des gens paieraient trente euros pour voir sans rien trouver à en dire tellement c'est beau.
ELLE : Mais qu'est-ce que tu me sors avec ton bleu ?
LUI : C'est juste que je peux plus me retenir. Il fallait que je te le dise, que je m'ouvre. Je peux plus le garder pour moi, tout ça ; ces sentiments, ces élans, ces...
ELLE, le coupant : Oui bon. Le cil, il est parti ?
LUI : Le cil, on s'en fiche. Il n'a pas d'importance. L'important, c'est tes yeux, tes cheveux (il lui passe la main sur la joue, elle se dégage), c'est toute ta personne. C'est nous...
ELLE, soupçonneuse : Y avait-il seulement un cil ?
LUI : Mais oui, mais oui. Il est parti, je l'ai jeté. Écoute plutôt ce que j'ai à te dire. Ça fait longtemps que je veux t'en parler. Depuis ce jour, au parc. (Avec passion.) Tu t'en souviens ? On parlait du printemps et tu m'as dit...
ELLE : Je l'ai pas vu, ce cil. Où il est passé ?
LUI, imperturbable : ... tu m'as dit... tu m'as regardé d'abord... en souriant... et tu m'as dit...
ELLE, haussant le ton, exaspérée : Y avait un cil, oui ou merde ?!
LUI, confus : J'avais besoin de te dire, de te dire que... (Une fois de plus, il perd ses mots.)
ELLE, doucement : Hé…
LUI, plein d'espoir : Oui ?
ELLE : Ferme-la.
LUI : Mais...
ELLE, sèchement : Non, ta gueule. Sérieux : ajoute pas un mot. (Silence.) T'es vraiment trop con...