samedi 26 janvier 2013

L'Orpheline aux yeux de feu follet n°8

Encore et toujours avec beaucoup de retard, le huitième numéro de ma fanzilettre parait aujourd'hui. Comme d'habitude, vous pouvez le télécharger librement en format .pdf en cliquant ici.


Au sommaire de ce numéro :

- Illustration de frontispice par Jed Dougherty ;
- De la nécessité de reconstituer une noblesse sorcière, carte blanche par Ja`far ben Yahyâ ;
- Le Sabbat (troisième partie), nouvelle-feuilleton par Véro H. ;
- La Femme-interdite, poésie par Morgause.

Grand merci à eux pour leurs contributions.

lundi 21 janvier 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 74

J'ai écrit ce petit dizain durant le weekend. Cette fois, j'ai opté pour la césure symétrique, quoique cela ne change pas grand chose, au final.
Ce poème met en scène le sorcier Tobback, qui est déjà apparu dans les deux versions de ma deuxième histoire de sorcellerie. Il me semblait en effet que la situation qu'il décrit convenait bien à ce personnage un peu snob, auquel je dois néanmoins avouer m'être un peu attaché.



L'Esprit-de-vin

 Le sorcier Tobback, dans un verre à pied,
Verse une potion d'un rouge foncé ;
Levant haut ce graal, il dit la formule
Qui le fait fumer et cracher des bulles
Puis, l'air satisfait, pose l'eau rubis
Sur un guéridon nappé d'organdi.
La petite table a été jonchée
De carrés de Scrabble à lettres dorées ;
La coupe glissant entre ces jetons,
Tobback et l'esprit font conversation.


19/01/2013

dimanche 20 janvier 2013

Expressions n°50

Tout dernièrement, j'ai eu la bonne surprise de recevoir un exemplaire du numéro cinquante du journal Expressions, édité par l'association Les Adex. Dans celui-ci figure ma cinquante-deuxième histoire de sorcellerie, écrite dans le cadre d'un concours organisé par cette même association.

Cela fait toujours très plaisir de voir ainsi diffusés ses textes ; il m'importe donc de vous en faire part et de vivement remercier l'équipe de rédaction du journal et tout particulièrement Jean-Pierre Hanniet, son éditeur, d'avoir ainsi mis ma poésie à l'honneur.

Pour ceux qui seraient particulièrement intéressés par cette publication trimestrielle, ses modalités d'inscription sont disponibles sur cette page.

vendredi 11 janvier 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 73

Une histoire sans grande intrigue ou originalité, je dois bien l'avouer. J'avais rédigé son premier jet à la mi-décembre mais, n'en étant pas vraiment satisfait, j'avais décidé de ne pas le publier. J'en suis davantage content depuis les modifications que j'y ai apportées, mais reste que ce n'est pas de la grande littérature.
Vous pouvez constater via l'exergue que je suis dans une « période Bowie ». Comme à peu près tout le monde, cela dit...


La Thérianthrope

Pour M. L.
See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Colder than the moon
It's been so long

-
David Bowie,
Cat People (Let's Dance, 1983).

Certaines puissantes sorcières
Aiment se transformer en chat,
C'est pourquoi, bien avant notre ère,
L'on jetait ceux-ci des beffrois.
Aujourd'hui de telles pratiques
Ont heureusement disparu ;
C'est donc sans émoi ou panique
Qu'on peut sortir de poils vêtu.

Quand il a sa forme animale,
L'on ne parvient à distinguer
Quelque sorcier d'un autre mâle
Parmi un tas de félidés.
En revanche, on pourrait sans peine
Parvenir à pointer du doigt,
Quand ils ont silhouette humaine,
Les métamorphes d'un endroit.

C'est un fait caractéristique
Qu'observent les chats les passants,
Perchés en haut de murs de briques
Avec un air condescendant.
Une semblable accoutumance
Ne se perd pas facilement ;
Il y a donc de fortes chances
Qu'humains, ils en fassent autant.

En outre, ils gardent des manières
De l'animal qu'ils sont parfois :
Tu ne verras jamais sur terre
De gens si furtifs ou adroits.
Et, si tu doutes de mes dires,
Observe un peu autour de toi
Les individus qui s'étirent ;
Ainsi se trahissent les chats.

Prends pour exemple cette fille
Au port si digne, au dos si droit ;
Je garantirais sur ma vie
Que, la nuit, elle court les toits.
Si tu parviens à la séduire,
Peut-être tu découvriras
Qu'aucune amante en un empire
Se blottit si bien dans tes draps.

08/01/2013

mercredi 9 janvier 2013

La Grande Évasion : version illustrée

Voici un dessin réalisé à la va-vite dans le but d'illustrer ma trente-huitième histoire de sorcellerie, La Grande Évasion. Plusieurs défauts importants sont à déplorer (vous noterez notamment que je ferais un bien piètre chiromancien au vu d'où j'ai placé les lignes de vie, de tête et de cœur) mais, lorsque je les ai remarqués le lendemain, je n'avais tout simplement pas le courage de les corriger. Le gribouillage est donc resté à ce stade (de toute façon et vu la difficulté que représente le dessin d'une main, il aurait forcément été fort imparfait).

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Le texte est à peine lisible mais, néanmoins, je dois dire aimer ce rendu un peu sale. Cela correspond bien au sujet et rend plus visible une dimension que j'avais eu du mal à faire transparaître au travers du dizain.

Cela n'a pas grand chose à voir mais figurez-vous que sont vendues dans le commerce des bougies en forme de main de gloire, soi-disant pour servir de dagydes bien que je ne vois pas vraiment le rapport que les unes ont avec les autres. Toujours est-il que je trouve tout de même cela cool et voulais vous en faire part.

Tant que j'en suis à déblatérer hors-sujet, je profite aussi de ce billet pour exprimer publiquement mon ambition de réaliser — le jour où j'aurai du temps, du courage et beaucoup de talent — une traduction des Ingoldsby Legends de Richard Harris Barham (et tout particulièrement de son histoire sur la main de gloire, que j'adore). Ainsi, peut-être serai-je obligé de me tenir à cette idée, qui ressemble finalement presque à une résolution de début d'année. Notez au passage que la barre est placée haut car l'un des derniers à s'être lancé dans cette entreprise n'était autre que... Jean Ray.


mardi 8 janvier 2013

Anthologie En avant la musique !

C'est officiel depuis quelques jours : l'une de mes nouvelles sera très prochainement éditée en anthologie. Il s'agit d'une publication du très dynamique collectif Dix de plume, à laquelle je suis flatté de participer.
Comme son titre le laisse deviner, cette anthologie rassemble des textes ayant en commun le thème de la musique. J'y publie pour ma part une nouvelle intitulée Alice est musicienne, que j'avais initialement rédigée dans le cadre de l'édition 2011 du concours de la fédération Wallonie-Bruxelles dont le thème était « Crescendo ». En outre d'avoir une intrigue liée à l'univers de la musique, ce texte présente donc un jeu formel basé à la fois sur un crescendo (une augmentation d'intensité, donc) et sur une accélération du tempo.


Le recueil de vingt-cinq textes (quatorze nouvelles et onze poèmes) sera disponible à la vente dès le quatorze de ce mois dans la boutique du collectif, au prix de douze euros.

dimanche 6 janvier 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 69

J'avais passé la soixante-neuvième histoire afin de pouvoir la publier aujourd'hui. C'est en effet l'Épiphanie, fête à l'occasion de laquelle je me devais d'écrire une histoire de Rois mages. Quant au tapis volant, il était sur ma liste de sujets à traiter depuis des mois ; j'ai ainsi fait d'une pierre deux coups.

Le tapis volant au service des bâtisseurs

[…] voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l'Orient et nous sommes venus lui rendre hommage ».
-
Évangile selon Matthieu,
Chapitre 2, versets 1-2.

Vous l’avez deviné, Seigneur, repartit le crieur, et vous en conviendrez quand vous saurez qu’en s’asseyant sur ce tapis, aussitôt on est transporté avec le tapis où l’on souhaite d’aller, et l’on s’y trouve presque dans le moment, sans que l’on soit arrêté par aucun obstacle.
-
Les Mille et Une Nuits
(ألف ليلة وليلة),
trad. d'Antoine Galland.

Avant qu'ils se soumettent
À quelque dieu-enfant,
Les mages d'orients
Et leur science secrète
Étaient de la terre
— De ses six continents
Et de ses océans —
Les plus grands mercenaires.

On les sait astronomes
Mais on a oublié
Le don particulier
qui fit riches ces hommes :
C'était d'être capables
Avec leur seul esprit
D'élever des tapis
Bien au-dessus du sable.

Ils surent donc construire
Grâce à un tel outil
Des temples qu'aujourd'hui
D'aucuns encore admirent,
Car un monceau de pierre
Sur un tissu persan
Sortait en un instant
Du fond de sa carrière.

Louèrent leurs services
Un grand nombre de rois
Égyptiens ou incas,
Quelques impératrices.
On dit qu'ils amassèrent
Ainsi un grand trésor
D'encens, de myrrhe et d'or
— Qu'ont-ils pu bien en faire ?

26/12/2012

vendredi 4 janvier 2013

100 histoires de sorcellerie : poème 72

Dans le cadre de mes « explorations poétiques », je me suis ces derniers jours penché sur l'idée de réaliser un « poème oghamique ». Bien évidemment, la tentation fut quasi immédiate d'en faire une sorte de calligramme. Étant donné mes deux mains gauches (et aussi l'approche de mes examens qui se montrent spécialement chronophages), ce n'est que hier et au terme de plusieurs recommencements que je suis parvenu à un résultat satisfaisant.

Je suis parti de l'heptagramme, figure chère aux otherkin et à la Wicca féérique mais également depuis longtemps associée aux sept planètes/métaux connus des alchimistes et à leurs symboles, et sur cette base me suis appliqué à réaliser un poème qui aurait pu être réalisé par son narrateur sous la forme d'une inscription à vertu protectrice (un peu comme un carré Sator ou que sais-je). Cette histoire met donc en scène un sorcier qui déménage et grave dans son nouvel appartement une prière — véritablement ésotérique, au sens où elle est cachée au regard du profane — demandant des grâces aux sept divinités/éléments de l'heptagramme.

Voilà ce que cela donne :

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Je suis conscient que le mélange entre figure néopaïenne, symboles alchimiques et alphabet celtique est un peu indigeste, mais reste que le résultat me plait, d'une certaine manière.

Je vous donne tout de même la transcription du texte en alphabet latin, selon l'ordre de lecture auquel invite l'heptagramme :

(Le Déménagement)

Par toi Soleil, que ce nouveau repaire
Soit le témoin de brillantes affaires !

Accorde Lune, ayant déménagé,
Qu'à la fortune encor je sois allié !

Puisse aussi Mars, courageux à la guerre,
De ce lieu être un copropriétaire !

Daigne Mercure, en ce laboratoire,
Rendre savants et épais mes grimoires !

Toi, Jupiter, prête-moi une main
Afin qu'ici je transporte mes biens !

Puisque en ce lieu je compte m'installer,
Belle Vénus, daigne en faire un foyer !

Digne Saturne, idole si aimable,
Rends mon séjour en ce lieu confortable !


Je précise plus haut que cet ordre des strophes est celui dû au dessin de l'étoile car ce n'est pas celui que j'avais prévu à la base. En fait, dans un premier temps (le 30 décembre, pour être précis) j'ai écrit le texte en alternant les distiques décasyllabiques à rimes féminines et masculines, passant d'un symbole à l'autre dans le sens horaire. Au moment de dessiner le poème, je me suis toutefois rendu compte qu'il valait mieux ne pas respecter celui-ci et « traverser » le graphe de part en part, d'où une certaine irrégularité dans les rimes. 
D'autre part, je ne suis pas parvenu à intégrer le titre de façon élégante dans la version oghamique du poème et ai donc préféré l'en supprimer, jugeant qu'il n'était pas indispensable.