lundi 31 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 71

Beaucoup plus simple que mes poèmes précédents, voici un petit dizain décasyllabique (à césure entre les quatrième et cinquième pieds, comme presque toujours). Il m'a été inspiré par un vague souvenir que j'ai d'un bref passage du premier tome de Harry Potter (les fans reconnaîtront sans doute, à moins que je me sois trompé).
Je suis assez content de la manière dont les deux voix du poème s'entrelacent de façon symétrique. Cela gagnerait d'ailleurs peut-être à être mis en valeur par un travail sur les typographies...


Gourmandi, gourmando (en voilà un bon kilo !)

Dis-moi, maman, qu'y a-t-il dans ce pot
Sans étiquette et empli jusqu'en haut ?
Je crois y voir de bonnes friandises ;
Pourrais-je avoir de ces gommes exquises ?
Si tu en veux. Tiens, goutte celle-ci.
Pouah, quelle horreur ! Elle a un goût d'anis !
Évidemment : ces prunelles mouillées,
Ce sont en fait des yeux de scarabée ;
S'il est vital à certaines potions,
Cet ingrédient fait un piètre bonbon !

29/12/2012


Je profite par ailleurs de ce billet pour vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année à tous ! Je n'aurai cependant pas le mauvais goût de vous dire « à l'année prochaine » (oups, ne viens-je pas de le faire ?)...

dimanche 30 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 70


En février dernier, j'avais traité dans ma quinzième histoire de sorcellerie de la divinité/démon Abraxas. Le résultat ne m'ayant pas vraiment satisfait, je me suis récemment repenché sur ce sujet. Le poème ci-dessous, sans vraiment être une réécriture, reprend ainsi un certain nombre d'éléments déjà présents dans l'autre, notamment la descriptions des attributs du dieu.
En outre, il participe également à la réflexion que je mène actuellement sur l'intégration d'actes magiques (ou du moins considérés comme relevant d'un certain ésotérisme) dans mes poèmes. Ainsi, si mon essai précédent pouvait être qualifié de « poésie sigillaire », celui-ci correspond plutôt à ce que j'appellerais de la « poésie formulaire ». On pourrait ainsi aussi parler de « poésie incantatoire », quoique pas au sens rimbaldien où on l'entend souvent.
J'ai procédé en m'inspirant de l'exemple bien connu de l'« invocation de succube » de Peter Carroll, de façon à créer des formules qui se basent sur le texte de chaque strophe mais ne le laissent plus guère transparaître (cf. l'explication placée sous le poème). J'ai tenté de réaliser cet exercice de la façon la plus sérieuse possible, comme si ces paroles étaient effectivement destinées à être employée lors d'un rituel. À cela a cependant fait obstacle la contrainte que les strophes transformées devaient également former des alexandrins, ce qui m'obligea parfois à les déformer plus que nécessaire (heureusement, je n'ai pas été zélé au point de les faire rimer, me satisfaisant d'un basique travail sur l'assonance).


La Consécration

Abraxas, vieux démon, répond à mon appel !
Dans ce feu consacré je jette mes offrandes :
Le chef coupé d'un coq, symbolisant le ciel ;
Un serpent venimeux, habitant de la lande.

Abrakas, vil erouh, démon palaf jatazh !
Le boucher fait copain d'un sabbat rav'amoth.

Abraxas, dieu-soleil, retiens ton martinet ;
Pose ton bouclier car t'invoque un fidèle.
Rares sont aujourd'hui ceux pour qui tes bienfaits
Ne sont pas seulement quelque fable fort belle.

Abrakas, do lireuh, joli  thon ma pavaf !
Ralek, tu songeras : dipak tabaf alham.

Dans un temps fort ancien beaucoup de talismans
Étaient décorés de ton nom, ton image ;
J'ai gravé « Abraxas » sur ce bout de fer blanc,
Tel tu faisais jadis, bénis-le ô grand sage.

Danzi t'a efforcé ; buka halam mahag.
Jegora voboka sudodo lan'taji !

27/12/2012


À titre d'exemple, voici comment j'ai créé la formule correspondant à la première strophe :

1. Transposition en écriture phonétique (approximative) :
abraksas vyeu démon répon a mon apèl dan seu feu konsakré jeu jèteu mèz'ofrandeu

2. Suppression des lettres redoublées :
ABRKS VYEU DMON PL F J T Z

3. Accommodation phonétique, afin de rendre la formule prononçable et d'empêcher que le texte premier soit reconnaissable à travers elle (aussi, dans ce cas-ci, afin de former un alexandrin correct) :
ABRAKAS VYL'ERU DÉMON PALAF JATAZ !

4. Adaptation orthographique et rythmique, destinée avant tout à rendre la formule plus facile à retenir (mais aussi plus belle, vu qu'elle est tout de même destinée à un poème) :
ABRAKAS, VIL EROUH, DÉMON PALAF JATAZH !

Idem pour les deux vers suivants :
1. leu chèf koupé din kok sinbolisan leu sièl in sèrpan veunimeu abitan deu la landeu
2. LEU  CHF KOP DIN SBA R VM T
3. LE BUCHE FE KOPIN DIN SABA RAVAMOT
4. LE BOUCHER FAIT COPAIN D'UN SABBAT RAV'AMOTH.

(Bien sûr, cela n'est qu'une formule possible parmi beaucoup d'autres ; je devrais refaire cet exercice aujourd'hui que j'arriverais à coup sûr à un résultat différent.)

samedi 29 décembre 2012

L'Amphisbène : version illustrée

Ce gribouillage a pour vocation d'illustrer ma trente-sixième histoire de sorcellerie. Cela dit, je dois reconnaître l'avoir un peu bâclé, celui-là...

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27/12/2012

vendredi 28 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 68

J'avais depuis ma treizième histoire de sorcellerie (ciel, publiée il y a déjà presque un an !) un peu délaissé l'idée de créer des poèmes qui comportent en eux-mêmes la pratique magique qu'ils décrivent. J'y reviens aujourd'hui avec un texte un peu spécial. L'idée de base consistait à rédiger une histoire qui tienne un peu des logogrammes de Christian Dotremont ; à la fois graphique et cryptique. Je me suis dit que, dans le cadre de mon projet dont le thème est la sorcellerie, je pourrais m'inspirer de la magie sigillaire qui fonctionne justement selon ce principe de transposition d'une formule en un symbole.

Voilà ce que cela donne (le poème est daté du 26 décembre, pour ceux que cela intéresserait) :


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Au départ, j'envisageais d'écrire un seul quatrain, de sorte d'obtenir un sceau unique, potentiellement déclinable sous forme de jeton/talisman ou que sais-je. L'histoire m'a mené vers quelque chose d'un peu plus long mais je garde l'idée du poème qui se limiterait à un seul « glyphe ».
A posteriori, je me dis que cela aurait peut-être été plus esthétique si j'avais dessiné chaque sigil devant la strophe à laquelle il équivaut, plutôt que de les serrer à leur suite. D'ailleurs, j'aurais même pu inscrire sur deux feuilles distinctes les deux versions du poèmes car, somme toute, tel que je vous le donne à lire il se répète inutilement. Bref, ce concept de « poème sigillaire » reste à être affiné ; je suis néanmoins heureux de pouvoir d'ores et déjà partager cette idée avec vous et ainsi recueillir (je l'espère) vos commentaires.
Pour ceux qui auraient du mal à me lire (quoique cela devrait aller car j'ai soigné mon écriture, allant jusqu'à employer une antique plume), le texte des trois strophes est repris dactylographié dans le tableau ci-dessous, détaillant le processus de création des sigils. Quant à ceux qui voudraient en savoir plus sur cette fameuse magie des sceaux, le plus simple est de consulter la référence francophone en la matière, sur laquelle je me suis d'ailleurs moi-même basé : Les Sigils. La Magie du XXIe siècle, de Soror D.S et Spartakus FreeMann (aux éditions Bussière). Cet ouvrage vous expliquera tout cela bien mieux que je pourrais le faire.


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Notez encore que cette histoire de sorcellerie est la quatrième (après Me ferez-vous l'honneur ?, La Correspondance et La Reine Mab) à mettre en scène la sorcière Calendula.

mercredi 19 décembre 2012

Honni soit qui mal y pense

Voici une microfiction écrite dans le cadre du 89ème jeu d'écriture du forum du Cercle des Maux d'auteurs. La contrainte était qu'elle devait commencer par la phrase : « Cela devait être le plus beau jour de ma vie. » À défaut de rencontrer un franc succès, mon texte y aura tout de même fait couler beaucoup d'encre...
C'est en effet quelque chose de fort différent de ce que j'écris d'ordinaire. Je me suis en fait inspiré de poètes « modernistes » comme Gaston Compère ou Marcel Mariën (dont le Paysan du Tendre a, je pense, été d'une certaine influence sur cette histoire). J'ignore si c'est réussi, mais je me suis en tout cas beaucoup amusé à écrire un tel texte.

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Cela devait être le plus beau jour de ma vie. Victoria avait dit wi. Le plus baume audumonde quand il sort de folies mièvres. Or Victoria avait les plus folles (avec du rouge et de la pulpe et derrière lesquelles elle cachait des gants trucubaduches), que je voulais croquer comme un geyser. J'ai cru qu'elle saurait voir l'amoudichon en moi, descoubrir que derrière le glaçon timide était un jeune japaloc estourdimoureux des mots. Et surtout d'elle. Mais des audumonde aussi, et j'estilamais que cela me rendait spécialdinaire. Un peu comme si spécialdinaire était la menumonnaie que plaçait dans ma menumenotte la vendourgueuse de maladresse, menu prideconsolation pour avoir achepté un gros paquet chez elle.

Nous allions déloper au reste d'orang et pour moi c'était un grand ditchipacou. Je nous silubiaisais déjà faluguer la storpagne en amoureux. Victoria, ma prinbiche, mon chator, ma préféresse, ma parfesse ! Dans mon galupitachon c'estait le début de la plus faligachelle fablistoriette de la terrentière. Je l'aurait dorélamusée toute l'orpitrerire au reste d'orang, avec les blaguinettes les plus exquieuses qu'il soit. Nous n'aurions destémandé au percoveur qu'un geyser et l'aurions savouillé à deux, dans une seule mignonette chtagaloupe et en nous rolanant l'un l'autre tendrignonnement des boulouchées. Ô Victoria, comme j'avais bien estimiché la scène...

En revenant du reste d'orang, je t'aurais alimenée à mon upurton. Sans même gadubliser le moindre glibouchi, nous nous serions assoilés l'un à l'autre, estirbolant nos stipigondis comme des forcénages. J'aurais luviroudé ton pantalanylon... Non, soyons foulichocs : maribulons que tu divopalais une mini-bomita ! Quel darmenant j'aurais flué... Je t'aurais estirée et maluchée sur mon palifalais, puis j'aurais léchoubisé tout ton cornifage et tes petongambettes. J'aurais morpaloussé chaque parcelette de tes splendifiques louportagures. Et tu aurais sptipulisé ça !

J'aurais fait estipatir mes mièvres partout sur ton oloparis. Tu aurais déstupaqué comme globalou tu déstoupaquas. Sûrtain que j'aurais été le plus foudulaire morpalousseur à qui tu eus éternimais joupavert tes petongambettes. Et cela aurait été la plus maluvieuse déloperie que nous aurions globalou tilugé toulédeu, et tivani la maldacheuse d'une très longue tirabeille ! Victoria, ma prinbiche, mon chator, ma préféresse, ma parfesse, quelle déloperie ç'aurait été. La plus vadobilague, la plus spécialdinaire qui soit. Si seulement tu avais pu l’estimicher…

Mais tout cet ouporcado, ce ne sont que des glibouchis. Je n'ai pas délopé avec Victoria au reste d'orang. Je suis dapiguondi en falugaire à mon upurton ; je n'ai léchoubisé aucun cornifage, aucune petongambette, morpaloussé aucune louportagure. Victoria m'a dégatolisé et a dit le plus laid audumonde de la terrentière, de ses folies mièvres, malgré le rouge, malgré la pulpe. Elle m'a dégatolisé pour distigadir qu'en fait ce n'était pas wi mais non.

Elle ne s'est même pas maroufflusée.

lundi 17 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 67

Voici un petit dizain que j'ai écrit ce weekend. Jusque là, rien de très excitant ; des dizains décasyllabiques, j'en ai écrit plein. En fait, j'avais envie d'essayer la structure de rimes en ABABBCCDCD qu'utilise William Cliff dans certains de ses recueils. Au final, mon texte ne ressemble guère aux siens mais, au moins, j'aurai essayé.
À la base, je voulais parler de l'Homme aux dents rouges — un croquemitaine plus « local » — mais me suis rendu compte que cela ne fonctionnait pas vraiment et me suis rabattu sur le folklore anglais. Cela tombait somme toute assez bien car j'avais envie de parler de l'amie Jenny depuis quelques temps. D'ailleurs, elle mériterait d'être traitée plus largement qu'elle ne l'est dans cette dizaine de vers, je m'en suis bien rendu compte. Une prochaine fois, peut-être...


Jenny Greenteeth

— Mes chers enfants, il vous faut être alertes
Quand vous passez le long de ce ruisseau.
Car c'est l'abri de Jenny « les dents vertes »,
Une sorcière ayant noyé bien trop
De nos bambins dans cette boueuse eau.
— Voyons maman, on est plus des petits !
Comment veux-tu qu'on croie en ta Jenny
Et aux pouvoirs dont elle est détentrice
Si malgré eux elle a pas réussi
À fabriquer jamais du dentifrice ?!

mercredi 12 décembre 2012

Du neuf

En ce moment, je m'efforce de promouvoir mes histoires de sorcellerie. Le projet avance en effet bien et, en étant fort satisfait, c'est celui-là que je veux mettre avant tout en lumière. Plusieurs de mes poèmes ont ainsi fait l'objet de petites publications ces derniers jours.

Tout d'abord, la semaine dernière est paru le troisième numéro de Cerrydwen, le « fanzine de Celtic Faerie et wicca ». Comme c'était le cas pour le précédent, l'une des mes histoires s'est glissée entre ses pages ; ce numéro se déployant autour du thème des créatures de la nuit, c'est L'Invocation du soir (ma cinquante-huitième histoire) qui s'y est trouvée publiée. Ce numéro est disponible à la lecture ici.

Ensuite, cette semaine sur la communauté artistique deviantART a été mis à l'honneur par lombregrise dans ses sélections de la semaine mon récent poème La Retenue. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une telle distinction est faite à une histoire du projet ; le cinq janvier 2012 (ciel ! cela fait déjà presque un an), mon poème La Fille au chapeau melon avait été sélectionné sur le même site parmi les Daily Literature Deviations et alors qualifié de « very French piece with an enchanting woman and a startling twist » (sans doute l'une de mes meilleures critiques jusqu'à présent).

Enfin et surtout, trois de mes histoires de sorcellerie ont aujourd'hui été invitées sur le blog des éditions du Faune (dont je recommande très vivement la lecture) et joliment illustrées. Je tiens d'ailleurs à remercier vivement la créatrice desdites éditions, Morgause, pour ce geste de soutien.

Comme vous pouvez le constater, les choses bougent, en ce moment. Et ce n'est qu'un début ; j'ai plusieurs autres petites publications du genre de programmées, et puis encore plein d'idées et de motivation. Donc le projet ne peut qu'aller de l'avant.

jeudi 6 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 66

Un petit sonnet de circonstances, un peu improvisé, je dois le reconnaître...
Notez que je publie cette soixante-sixième histoire de sorcellerie le six décembre. Serait-ce un signe ? Probablement pas.
 

Saint Nicolas est un sorcier !

Ô grand Saint Nicolas, patron des écoliers,
N'es-tu pas nécromant, au vu du sauvetage
De ces pauvres enfants qu'avait tués de rage
Un immonde boucher avant de les saler ?

Ou un peu démoniste, ayant su transformer
Le terrible Krampus — monstre des premiers âges —
En un doux animal dont tu as fait ton page ?
Devrais-je donc louer le patron des sorciers ?

Mais regarde-toi donc, tout de robes vêtu
Et serrant dans ton poing un long sceptre tordu,
Ce bâton de pouvoir dont on fit notre emblème.

Ô grand Saint Nicolas, tous les doutes sont vains :
Tu es notre patron car ta barbe sans peine
Saurait rendre jaloux Dumbledore et Merlin !

mardi 4 décembre 2012

Mort Sûre n°6

Je l'annonçais il y a quelques semaines, l'une de mes nouvelles a été sélectionnée par le webzine Mort Sûre pour être publiée dans son sixième numéro, dont le thème est « Promenons-nous dans les bois ! ». Il s'agit en fait de la quatrième nouvelle issue de ma série du « Sorcier d'à-côté », intitulée L'Ivrogne et le Lapin.

Le numéro est sorti aujourd'hui même et est consultable ici. Un immense merci à Louve, l'éditrice de Mort Sûre, pour sa confiance et le gros boulot accompli.

Pour en revenir à ma nouvelle, c'est un texte que j'aime beaucoup, datant déjà de l'été 2011. Il n'est pas très subtil, voire même un peu bébête, mais j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire et espère donc que sa lecture saura également vous divertir.

lundi 3 décembre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 65

Heureux les affligés...

... car ils seront consolés !
-
Évangile selon Matthieu,
chapitre cinq, verset quatre.

Un soir d'hiver, sur le trottoir,
Un sans-abri tout seul frissonne.
Las, il frictionne ses doigts noirs,
Crachant dessus son souffle ivrogne.

Il prend son flacon de rhum brun
Posé à même le bitume ;
En ôtant le bouchon soudain,
Il le respire et il le hume.

L'homme soupire en contemplant
Le triste fond en sa bouteille,
Qui a coûté tout son argent
Et qu'il a ouverte la veille.

Levant les yeux vers l'astre plein,
Il dit tout bas : « Entends-moi, Lune !
Il se peut fort qu'avant demain
Je gise glacé en ma turne.

« Tu fus pour moi un réconfort
Durant une bien triste vie ;
Sans doute ce soir vient la mort,
Alors je bois à une amie. »

À cette étrange invocation
Accourt un escadron de fées,
Qui font perler en son flacon
Un peu de poussière argentée.

La nuit s'écoule et l'homme boit
Cette décoction étonnante,
Une sorte d'ayahuasca
Réchauffant la tête et le ventre.

Or un tel nectar est la clef
Déverrouillant le doux royaume
Des esprits qui, pleins de bonté,
Y ont invité le pauvre homme.

Grand bien lui a donc fait d'aimer
Les étoiles plus que ses frères
Car les premières l'ont aidé
Là où on l'aurait mis en bière.

Heureux ceux qui savent parler
Aux esprits et à la nature
Car ce sont les derniers sorciers
— Prions pour que leur règne dure !

01/12/2012