mardi 30 octobre 2012

À paraître

Puisque différentes publications de mes textes ont été reportées et que, du coup, je n'ai rien de bien excitant à vous faire part, je me suis dit que j'allais vous proposer aujourd'hui un petit panorama de quelques sorties annoncées (et impatiemment attendues, du moins par moi).

On commence avec la nouvelle la plus fraiche. Il s'agit du Tournoi des Nouvellistes, lancé aujourd'hui même par la revue Nouveau Monde. Au programme : quinze duels de nouvelles — de seize auteurs différents — qui prendront place au cours des prochains mois.
Mon premier « affrontement » (qui, j'espère, ne sera pas le dernier) aura lieu fort prochainement, à savoir à partir du 10 novembre et durant la semaine qui suivra. Notez que le tirage au sort n'a pas été clément envers moi puisque mon texte rencontrera une œuvre de Kristoff Valla, un auteur accompli ayant notamment publié plusieurs romans. Par ailleurs, pour ceux que cela intéresserait, le programme complet, listant la totalité des participants, est disponible ici.
La nouvelle que j'ai soumise à ce tournoi s'intitule Le Sorcier au bout du fil et fait partie, comme son nom le laisse deviner, de mon projet du « Sorcier d'à-côté » (souvenez-vous, j'avais déjà publié une nouvelle éponyme dans Les Hésitations d'une Mouche n° 59, en décembre dernier, et une autre intitulée Une lettre pour Zatchlas, à la même époque dans Reflets d'Ombres n°26), qui commence d'ailleurs de plus en plus à ressembler à un projet de recueil. Je ne vous en dit pas plus pour l'instant, mais ne manquerai pas de faire une présentation plus complète de ce récit (qui devrait être le huitième de la série) à l'heure du duel.

On reste avec le Sorcier d'à-côté, puisque j'ai le plaisir de vous annoncer également la publication d'une autre de ses aventures. Le webzine Dizart a en effet présenté récemment le sommaire de son premier numéro. Ma nouvelle y sera en bonne compagnie puisque ont également été retenus des textes de Marie-Catherine Daniel, Teo Silis, Marie-Laure Guihard, Anthony Holay et Robin Maillard.
Cette histoire, la troisième écrite dans l'ordre chronologique, s'intitule La Frontière. Elle date déjà de juillet 2011, quoiqu'elle avait tout d'abord été rédigée sous forme de scénario et n'a pris sa forme actuelle que plus récemment. À nouveau, il sera toujours temps pour moi de vous en dire plus lors de sa publication, qui devrait désormais être imminente.

Enfin, a aussi été publiquement annoncée la publication de L'Ivrogne et le Lapin (la quatrième aventure de mon Sorcier, écrite elle aussi en juillet 2011) dans le sixième numéro du webzine Mort Sûre. Outre ma nouvelle, ce numéro devrait comprendre des articles de fond ainsi que des textes signés Nicolas Chapperon, Marianne Gellon et Guillaume Mézin — encore du beau monde, donc !

Bref, vivement que tout cela soit prêt !

mercredi 24 octobre 2012

Le Loup et L'Agneau

Voici une microfiction récemment écrite dans le cadre d'un jeu d'écriture du forum du Cercle des Maux d'auteurs. Les contraintes imposées étaient de ne pas dépasser les 3.500 signes (j'ai eu du mal à la respecter, celle-là), de baser son texte sur la première phrase (« Et puis, il y a eu la lettre. ») qui était imposée et de placer le mot « fin » dans la dernière phrase.
Pas si facile ! D'ailleurs, si je devais réécrire librement cette histoire, je pense que je ferais de grosses modifications, en commençant par laisser tomber le dernier paragraphe que je trouve un peu bancal...

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Et puis, il y a eu la lettre. La journée avait mal commencé mais, là, c'était le comble. Se faire choisir en dernier au cours de gym, passe encore ; subir les moqueries de toute la classe pour avoir « séché » face à un problème mathématique, au tableau durant l'heure de Madame Gérouville, il y était habitué ; mais ça, à cinq minutes de la sonnerie qui allait le libérer, lorsqu'il pensait pouvoir rentrer chez lui et oublier tous ses malheurs en mangeant une tartine de choco devant la télé, ça, c'était trop.

Qu'est-ce qui lui avait pris, déjà, à ce vieux croulant de Moreau, de sortir la liasse de dictées alors que le cours était pratiquement fini ? Il avait même voulu tourner ça en plaisanterie : « J'ai failli oublier de vous les rendre, à croire que je voulais inconsciemment les reprendre avec moi et les corriger une seconde fois. Je rigole, votre travail n'est pas assez bon pour que je daigne apprécier une rediffusion. » En disant cela, le regard de ce frustré de prof avait glissé dans sa direction. C'est lui qu'il visait, Valentin en était sûr.

Il saisit sa copie, s'attendant au pire... et ne fut pas déçu. D ! Cette lettre, dont la vivacité du tracé trahissait à la fois toute l'impatience et l'impuissance du correcteur, semblait narguer le garçon. Il est pour le moins paradoxal qu'à treize ans, l'on puisse rechercher une telle note dans les catalogues de lingerie qu'on feuillette sous ses draps et la fuir lorsqu'elle débarque à l'école... D'autant plus que celle-ci était suivie d'une large barre horizontale, dont tout le cadratin s'aplatissait pour donner à Valentin la mesure de son échec.

Bousculé entre deux grands dans le bus, il ne décolérait pas. Moreau et ses insupportables regards pleins de déception… Qu’est-ce qu’il croit ? qu’il le fait exprès, de foirer ? Déjà, qu’est-ce qu’il est sciant à toujours la ramener avec son orthographe ! C’est vraiment un truc de vieux, de parler du bon français avec un ton pédant, comme si ça avait encore la moindre importance aujourd’hui…

À peine le garçon avait-il pensé cela qu'il le regretta. « Pédant », c'était un mot que lui avait appris Monsieur Moreau. Ça voulait dire « prétentieux », certes, mais à l'origine, se souvint-il, le mot désignait tout simplement un enseignant. Moreau était un pédant, et il avait poussé la perversité de sa tâche jusqu'à ôter à son élève la satisfaction simple de l'insulter, à force de lui faire entrer de force des mots à double sens dans le crâne et de lui inculquer petit bout par petit bout cette langue fourchue.

Pensant à cela, Valentin fut soudain forcé d’admettre qu’il avait appris beaucoup de choses dans cette classe. C’était indéniable : il lisait, comprenait et s'exprimait beaucoup mieux que lorsqu'il y était entré pour la première fois en septembre... Alors qui sait, peut-être le vieux pédant (il aimait bien ce mot, en fin de compte) méritait-il quelques efforts ? Ainsi, en rentrant chez lui et après s’être fait une tartine au choco, pour la première fois, Valentin ouvrit ses cahiers avant d'allumer la télévision.

« Bon sang, mais où est le problème ? » jurait-il quelques minutes plus tard en faisant l'autopsie de sa feuille couverte de rouge. Il soupira et, courageusement, relut pour la troisième fois les mots écrits sous la dictée. « Un agnau se désaltérait dans le couran d'une onde pur. Un loup survient à jin qui cherchait avanture, et que la fin en ces lieus attirait. »

dimanche 21 octobre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 60

J'avais écrit une première version de cette histoire durant l'été, mais ne me suis décidé à la parachever que ce weekend. C'est par ailleurs une forme poétique que je n'avais encore jamais employée...


Sagesse populaire pour gens de magie

     I.
Pendez une patte d'oiseau
     Sous le pommier,
Puis fixez dessus un grelot
     Au son léger.
Les fées viendront par paquets
     Pour y jouer,
Faisant un joyeux cabaret
     Du gris verger.

     II.
Offrez une coupe de lait
     Au domovoy,
Puis abandonnez un balais
     Contre le sol.
Ne revenez du bar-tabac
     Que tard le soir,
Votre parquet resplendira
     Tel un miroir.

     III.
Ne jetez jamais dans l'étang
     De gros cailloux ;
Ils pourraient briser les dents
     Du thon-garou.
Vivre si loin de l'océan
     Le rend grognon
Et on dit qu'il a un penchant
     Pour les rognons.

     IV.
Brûlez des queues d'écureuil,
     L'hiver venu ;
Vous flatterez ainsi l'orgueil
     Des trolls velus.
Vous verrez alors un matin
     Qu'à pas de loup
L'on a déneigé le chemin
     Jusqu'à chez vous.
20/10/2012

mardi 16 octobre 2012

100 histoires de sorcellerie : poème 59

J'ai un peu de mal à versifier, ces temps-ci. Mes projets en prose avancent bien et j'espère pouvoir vous en faire lire bientôt des extraits, mais la poésie ne vient pas si facilement et j'accumule les débuts d'histoires de sorcellerie abandonnés.
Voici la seule que j'aie achevée dernièrement. Je n'en suis pas spécialement content mais, au moins, elle devrait meubler ce blog le temps qu'une véritable information daigne tomber.


Je vivrai cent ans...

Je vivrai cent ans
D'une vie pleine,
Cela seulement
Si reste en sa gaine
La fiole de sang
Confiée au vieux chêne.

Je parle aux oiseaux
Qui me renseignèrent
Le tranquille hameau
Où il pousse en terre —
Ce parfait dépôt
Pour l'étrange affaire.

Je vivrai cent ans
Si dans ses racines
Il soustrait au temps
L'eau alizarine,
Des Parques sauvant
Ainsi ma bobine.

15/10/2012


Sinon, comme vous pouvez le constater, j'ai fait quelques changements dans le visuel de cet espace, qui n'avait pour ainsi dire pas évolué depuis sa création. Qu'en pensez-vous ; est-ce mieux ?

jeudi 4 octobre 2012

Cerrydwen n°2

Voici la première des petites publications que je vous ai récemment annoncées : je suis au sommaire du second numéro de Cerrydwen, un « fanzine de celtic faerie et Wicca ». Il s'agit cette fois de poésie car le texte publié est ma trentième histoire de sorcellerie, intitulée La Passation d'un sort (celle-ci a dès lors été supprimée de mon blog, par courtoisie envers les éditrices du fanzine).

Le numéro est consultable en ligne ici et existe, si je ne m'abuse, également en format papier. Je vous invite donc à consulter l'agenda du fanzine pour savoir à l'occasion de quels évènements vous pouvez le trouver. Enfin, si le projet vous intéresse, n'hésitez pas à consulter son blog ou sa page Facebook.

Je tiens à remercier les éditrices du Cerrydwen pour ainsi avoir mis mes vers à l'honneur, et leur souhaite une excellente continuation.