jeudi 28 juillet 2011

Recueil de l'Association Pandore


Je l'annonçait pour le trente dans un billet précédent, il semblerait qu'il soit arrivé avec un peu d'avance. Le recueil de nouvelles issu du concours autour du thème "La boîte de Pandore" est désormais disponible à la vente (au prix de dix euros) sur le site de l'association. Je suis content, la mise en page a l'air plutôt soignée (un aperçu est visible sur Lulu.com), avec ISBN et tout et tout.

Pour ceux que ça intéresserait, le recueil est également disponible en format électronique (au prix de cinq euros) sur Lulu (voir lien ci-dessus).

Voilà, je suis publié. Bon, je ne toucherai pas un centime pour cette nouvelle vu que les bénéfices vont à une association humanitaire mais, au moins, je vais être lu !

mardi 26 juillet 2011

Droit de vie et de mort

Microfiction écrite dans le cadre d'un jeu d'écriture du forum du Cercle Maux d'Auteurs (le n° 70). Le thème était "un cadeau d'anniversaire original", avec une limite à 3500 caractères et la contrainte de ne pas employer le mot "cadeau". Ce récit a été classé troisième (sur vingt-quatre).

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Un jour de Sextilis, alors que le soleil est à son zénith, des bêtes humaines s’affrontent dans une arène de Numidie. Lourd est le poids pesant sur ces lutteurs : celui, certes accablant, du casque d’acier et du scutum qu’ils brandissent et l’autre qui leur pèse davantage, chargé de toute la pression des regards qui tombent de la pourpre du pulvinus. Hoplomaque et mirmillon s’affrontent sous les braillements. Les deux sont des frères issus du même ludus mais ne s’épargnent pour autant rien sur le sable brûlant.
Le mirmillon sent la sueur s’accumuler sous sa manica, sa peau s’irriter contre le rude tissu. Il subit ce contact inconfortable en plus de tout le reste, des estocs dont le gratifie son rival, des rayons qui chauffent son casque et l’aveuglent malgré sa visière. Son bouclier est lourd mais soutenu par un bras puissant. Autant que de son glaive, il en frappe l’ennemi, poussant de tout son poids vers l’avant. Il enchaîne les coups de boutoir, obligeant la lance à reculer, à se bloquer là où elle ne pourra plus tirer parti de l’allonge de sa hampe.
L’hoplomaque encaisse les chocs, se montre patient. Il attend le moment où il pourra profiter de la lenteur de son adversaire pour fuir son piège. Il croit déceler une hésitation chez le lourdaud et s’élance vers la gauche, lance pointée vers la cuisse nue du mirmillon, promise à blesser si l’autre ne manœuvre pas son pavois assez vite. Le coup est paré de peu et le combat reprend de plus belle. Plus question de se laisser acculer pour le lancier ; endurant, il harcèle son ennemi, déviant sans cesse sa course et usant de ses longues jambes, légères malgré leurs ocreae, pour feinter des deux côtés.
C’est au tour du colosse de reculer, impressionné par ce fer qui siffle tout contre lui, sans cesse obligé de s’aveugler lui-même pour se protéger d’attaques au visage. Sur les gradins, le peuple voit sa soif d’action croitre et réclame un épanchement sanglant. Les magistrats et les dames dans le pulvinus sont plus tempérés : qu’on en finisse mais autant pour apprécier le terme d’un duel qui s’éternise que pour rentrer contentés et profiter du frais d’un lieu plus raffiné.
Les spectateurs crient, provoquent et encouragent. Les coups fusent, la peinture des boucliers s’écaille sous les armes. Le fracas augmente, de même que le sable projeté qui s’insère sous le cuir des sandales et des protections, blessant l’épiderme par l’intérieur. La fin approche, ils le savent tous deux. Le premier qui montrera de l’imprudence ou de la faiblesse le payera de son sang. C’est à tort qu’on compare ces guerriers à des fauves ; le combat qu’ils se livrent tient plus de la lutte de deux hippopotames mâles qui peut durer des heures, accumulant les petites blessures car ils sont trop tenaces pour céder, jusqu’à ce que l’épuisement ou la maladresse en pousse un à sa perte.
C’est ce qui se passe ici tandis que l’affrontement s’achève dans la douleur et dans la joie d’une foule qui ne vit l’héroïsme qu’à travers les sacrifices d’autrui. Le gouverneur se lève, toisant la blessure béante dans la fosse et les nerfs soulagés prêts à infliger l’ultime coup. Se tournant vers une tête blonde aux yeux brillants, il dit d’une voix douce : « Lucius, tu as huit ans aujourd’hui ; l’âge de faire l’expérience du pouvoir qui est le tien par ta naissance. Choisis son destin. » Et les lèvres imberbes du petit garçon se tordent d’un sourire tout joyeux tandis qu’il considère la portée de son verbe.
« Qu’il meure. »

lundi 25 juillet 2011

C'est parti !

J'y pensais depuis quelques temps ; me voilà de retour sur la blogosphère ! Qu'est-ce qui m'a décidé ? Hé bien, j'écris de plus en plus et ces textes ont tendance à se disperser en tous sens ; l'idée d'avoir un endroit depuis lequel flécher le chemin à suivre jusqu'à chacun s'est donc imposée d'elle-même. Plus concrètement, c'est la très récente publication d'un de mes textes — Et si Pandore eût été une sirène ? sur le site concoursdenouvelles.fr qui a fait figure de déclencheur.

Je passe sur la traditionnelle présentation vu que pratiquement tous les lecteurs de ce blog me connaissent d'une façon ou d'une autre — et puis aussi parce que ma vie n'est pas si intéressante — pour me concentrer sur ce premier texte. C'est mon premier à être édité, à vrai dire. Je l'ai écrit en avril dernier, dans le cadre d'
un concours organisé par l'association Pandore et ayant logiquement pour thème la "boîte de Pandore". Voilà que j'apprends le mois suivant qu'il a été sélectionné parmi les dix lauréats et qu'il sera édité, en plus de l'être sur le site-partenaire cité ci-dessus, en recueil le trente juillet. Joie !

Enfin, ç'aurait vraiment été génial si, à la relecture, ce récit ne m'avait pas semblé atrocement lourd. Enfin, je suppose que c'est toujours le cas : le temps qu'un texte soit publié, on a forcément écrit mieux depuis. Mais ça reste une belle réussite dont j'ai toutes les raisons du monde d'être satisfait et dont je vous fait part avec un réel enthousiasme. J'espère juste qu'au moment d'imprimer le recueil, la faute de frappe qui a été faite à mon nom sur concoursdenouvelles.fr n'a pas été répétée. On ne peut pourtant pas dire que j'aie un patronyme particulièrement dur à orthographier !

Pour ceux que ça intéresse, les neuf autres textes lauréats de ce concours sont disponibles à la lecture
ici ; vous pouvez même voter pour votre préféré. Bonne lecture à tous !