mardi 19 septembre 2017

Mon premier essai de linogravure en couleur

J'avais l'intention de m'y mettre depuis une éternité : j'ai réalisé la semaine dernière une première tentative de linogravure en deux couleurs (trois si on compte le blanc), et donc en deux plaques. J'ai pour l'occasion choisi de représenter une créature issue du folklore wallon, le verbok (autrement dit, le bouc vert).

« Le Verbok », linogravure, simili papier japon 130g/m2,
10.5x15 cm (format A6), septembre 2017.

Il y a des défauts d'alignement à déplorer, en particulier au niveau des cornes et des oreilles. Je ne suis également pas trop satisfait de la forme des yeux et du rendu du museau. Néanmoins, pour un premier essai, il me semble que c'est assez satisfaisant. La technique s'est avérée un peu plus complexe (et longue !) que ce que j'avais présumé, mais je ne doute pas que les difficultés s'estomperont avec la pratique et l'habitude.


Ci-dessous et en images, un petit exposé du procédé :

Tout commence avec un simple dessin au crayon, taille réelle.


J'en ai fait plusieurs photocopies pour ensuite procéder à des tests de positionnement des couleurs. J'envisageais d'abord de réaliser cette estampe au moyen de trois plaques différentes, puis j'ai revu mes ambitions un peu à la baisse et me suis contenté de deux. (Ce qui est déjà très bien — et ma foi un peu compliqué.)


Je me suis servi de papier carbone pour tracer les contours des deux formes à reproduire sur mes plaques de lino.


Ensuite, il ne restait qu'à graver les deux plaques et à procéder à l'impression. Je n'ai pas évidé les coins inférieurs de manière à m'en servir de guides pour aligner le papier.

La première plaque, qui sera imprimée en couleur.
 
Les estampes après impression de la première plaque, en cours de séchage.

Je ne suis pas très heureux de cette teinte de vert. Le choix en magasin est malheureusement un peu limité, et je n'ai pas voulu commander sur internet simplement pour réaliser cet essai...

La seconde plaque, qui sera imprimée en noir.

Les estampes complétées, en cours de séchage.

mardi 5 septembre 2017

Portrait de Nick Cave

J'ai gravé le portrait suivant dans la nuit de dimanche à lundi. Il s'agit d'une pointe sèche sur Tetra Pak, réalisée à main levée sur base d'une photographie. Vu l'heure tardive, je visais un exercice rapide, privilégiant la spontanéité et le dynamisme du trait.

Gardant à l'esprit cet objectif, je ne suis pas mécontent du résultat. J'aime beaucoup le rendu des yeux et des lèvres, tandis que je suis plus déçu de celui des cheveux tombant sur la nuque, du buste et du menton... L'important est néanmoins l'allure globale, qui me semble restituer efficacement le personnage. Or n'est-ce pas ce qui est avant tout attendu d'un portrait ?

Portrait de Nick Cave, pointe sèche sur Tetra Pak,
simili papier japon 130g/m2, 7.9x9.7 cm, septembre 2017.

La plaque gravée, avant impression.


Mes autres portraits réalisés en gravure :

lundi 28 août 2017

Études d'arbres

Je me plaignais dans une récente note de blog de ne pas savoir dessiner les arbres. Du coup, en grand fervent de l'autodidaxie, je suis en train de m’apprendre… Et puisque c'est en forgeant qu'on devient forgeron, j'ai sauté les recommandations techniques et me suis frotté directement au motif.

Voici donc un premier essai, représentant un coin bien connu de la citadelle de Namur :

Arbre sur le rempart de la citadelle de Namur, pointe sèche sur Tetra Pak,
simili papier japon 130g/m2, 8.5x14.7 cm, août 2017.

Je suis vraiment content de cette estampe, c’est pourquoi j’en ai tiré six et non pas quatre comme d’ordinaire. Rien n’est parfait bien sûr, mais l’allure générale y est. Surtout, je me suis trouvé très à l’aise en la gravant ; ce travail en plein air n’est vraiment pas idéal, niveau confort, mais il me pousse au moins à la spontanéité. Sentir venir cet arbre si naturellement sous ma pointe sèche était donc particulièrement satisfaisant.

La plaque gravée.

Deux des estampes en cours de séchage.


J'ai réalisé un second exercice, plus tard dans la semaine. Je partais déjà assez tard car je travaillais en journée, et j'ai eu beaucoup de mal à trouver un modèle intéressant (la ville était bondée et il y avait un festival à la Citadelle). Je me suis finalement installé au parc Louise-Marie, face à un fort sympathique arbre centenaire dont le tronc a des airs de vieil homme à la barbe de lierre.

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de parachever tout à fait mon étude, ayant été surpris par le crépuscule. Voici donc une estampe quelque peu inachevée, esquissée à grands traits :

Étude d'arbre au parc Louise-Marie de Namur, pointe sèche sur Tetra Pak,
simili papier japon 130g/m2, 8.5x17.3 cm, août 2017.

La plaque gravée.

mercredi 16 août 2017

Nouvelles critiques consacrées à mon livre-jeu


J'avais déjà relayé sur ce blog les premières critiques publiées au sujet de mon livre-jeu ; il est désormais grand temps de faire une mise à jour. Après Laurent Pendarias, ce sont Andrée la papivore et Oriane de la Pile à Lire qui ont dernièrement lu et chroniqué mon Démon dans l'escalier. Leurs deux avis sont globalement positifs, comme en témoignent les extraits suivants :

L'intrigue est intéressante bien qu'un peu courte à mon goût, du coup j'aimerais beaucoup voir ce monde développé dans d'autres histoires. La mission est simple mais tortueuse, il m'a fallu recommencer cinq fois avant d'arriver à l'accomplir ! […] Un dernier point pour conclure : le format numérique se prête parfaitement à ce type de lecture : un clic sur le choix souhaité vous mène directement au paragraphe concerné, c'est rapide et pratique que ce soit sur liseuse, tablette ou Smartphone. Idéal pour les lectures (souvent interrompues) dans les transports en commun. […] j’ai retrouvé avec Le démon dans l'escalier tout le plaisir que j'éprouvais adolescente avec les livres dont vous êtes le héros. Le prix du roman est tout petit, alors n'hésitez pas à le tester, vous passerez j'en suis certaine un bon moment de détente !
Andrée la papivore

Ce Démon dans l'escalier vous fait devenir un sorcier de bas étage à qui l'on confie enfin une mission qui devrait redoré son blason. Dès le début, on sent l'aventure un peu barrée, à l'image des pulps chers à la maison d'édition du morse. Parce que le dit Démon dans l'escalier est du genre particulier et que vous êtes du genre pas forcément très aidé, je dirais. L'aventure n'en est pas moins savoureuse et je me suis prise au jeu avec facilité. […) Au final, je me suis drôlement bien amusé avec ce Démon dans l'escalier. Les personnages secondaires sont sympathiques, le héros bien looser et le démon amusant (je ne veux pas en dire plus pour ne pas spoiler). Son seul point négatif, il est peut-être un peu trop court. J'aurais bien fait quelques heures de plus avec lui.
Oriane de la Pile à Lire

Le Démon dans l'escalier a du reste récolté de nouveaux commentaires sur sa page Amazon, que je vous propose de découvrir ci-dessous (cliquez sur les images pour les afficher en grand).



Si d'aventure vous n'avez pas encore eu l'opportunité de vous procurer mon livre-jeu, je rappelle qu'il est disponible à l'achat, au prix très démocratique de 2€99, sur la librairie numérique indépendante 7switch.

mardi 15 août 2017

Ma première pointe sèche sur cuivre

J'en parlais depuis des mois, c'est enfin chose faite : j'ai tout dernièrement effectué mes premiers pas avec la pointe sèche sur cuivre. Voici donc mon premier essai. Il ne s'agit pas d'une création personnelle puisque j'ai adapté en guise d'exercice une photographie mise à disposition par fairling-stock, que je remercie chaleureusement. J'ai donc reproduit ces ruines sur base d'un repérage initial au papier carbone, ce qui me fut d'une grande aide pour la perspective.

Ruines, pointe sèche sur cuivre,
simili papier japon 130g/m2, 7.3x9.8 cm, août 2017.

Première conclusion : c'est long, et il ne faut pas craindre les crampes pour s'y attaquer. Le trait est infiniment plus précis que sur Tetra Pak, ce qui implique un travail de tramage beaucoup plus fastidieux. Je dois avouer avoir sous-estimé la dureté du matériau. J'ai donc été surpris de voir des traits que je pensais profonds ne s'inscrire que très légèrement sur l'estampe (notamment ceux constituant le mur perpendiculaire, sur la droite de la composition). J'ai du reste employé cette fois une encre d'un noir assez doux, d'où le rendu peu contrasté de cette gravure.

Je pense qu'elle mériterait d'être reprise et de donner lieu à un second état, qui en corrigerait les défauts. Il n'est donc pas impossible que je me repenche dessus dans les prochaines semaines.

Deux estampes en cours de séchage.

Ce simple changement de support induit en fait une démarche très différente. Il y a ici nettement moins de spontanéité dans le tracé, puisque la surface dure invite à esquisser préalablement le dessin au crayon ou au stylo-bille (ce qui n'est pas possible sur le Tetra Pak qui se marque trop aisément). À l'inverse, il est possible de réaliser un travail plus minutieux et le potentiel de détails est infiniment supérieur.

Ce n'est donc pas une matière à laquelle je compte recourir souvent en vue des exercices auxquels je m'emploie essentiellement, à ce stade (son prix m'en dissuade de toute manière). Toutefois, je pense que je pourrais l'exploiter à l'avenir dans des projets d'illustrations plus complexes et — qui sait ? — dans une optique d'édition artisanale. Le cuivre permettant en effet un nombre fort élevé de tirages, il n'est pas absurde d'envisager l'insertion d'estampes originales dans des livres que j'auto-produirais en petits tirages...